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Los Kjarkas, symbole musical Bolivien

 

La lambada, ça vous dit quelque chose ?
Et bien sachez que ce tube des années 80 n’est rien d’autre que la reproduction d’une chanson d’origine bolivienne du groupe les Kjarkas.
Los Kjarkas est un groupe de musique mythique et incontournable dans le monde de la musique andine. Il fut fondé en 1965 à Capinota (Cochabamba, Bolivie) par les frères Hermosa et Edgard Villaroel.
Le nom Los Kjarkas vient du mot kharka, du quechua et signifie La force.

Le groupe est né d’une simple envie de distraction de ses membres qui allaient de village en village avec l’envie promouvoir la musique folklorique et de faire la fête. Ils jouaient alors des classiques demandés par leur public, généralement des « zambas argentines » car la musique traditionnelle bolivienne se résumait alors aux musiques de carnavals. Mais petit à petit ils commencèrent à jouer dans les « peñas » (cabarets) et à mettre en avant des rythmes propres à leurs pays comme les cuecas et les huayños ou danses de compositeurs comme Siméon Roncal, Gilberto Rojas ou Teófilo Vargas.

Après ces premiers débuts, les membres du groupe abandonnèrent le groupe pour se dédier à leurs professions respectives. Par après Gonzalo Hermosa le reconstitua avec d’autres musiciens : Eddy Carpio, Antonio Canelas et Alcides Mejia.
Pendant plus de 10 ans, les Kjarkas se perfectionnent dans la composition et l’interprétation de la musique bolivienne. Ils font leur premier vrai concert public à la Paz en 1975 et, cette même année, ils représentent la Bolivie au festival de musique folklorique Brésilien.

C’est avec eux que s’est impulsée une révolution dans l’histoire de la musique bolivienne, car c’est le premier groupe à avoir lancé une nouvelle manière d’interpréter la musique traditionnelle. Cette musique est aujourd’hui connue et écoutée dans le monde entier.

Le premier album, “Bolivia” est publié à Mexico en 1976. Ce disque comporte 9 chansons qui sont quasi toutes composées par Gonzalo Hermosa dont la plus importante est « Bolivia » qui est un chant à sa patrie et qui est devenue aujourd’hui le deuxième chant national du pays et bien sûr LA chanson obligatoire de tous les concerts.

Avec le succès du groupe, deux des frères du groupe initial réintègrent le groupe : Ulises et Elmer Hermosa.
L’arrivée d’Ulises Hermosa permis de faire entrer dans l’histoire des Kjarkas des pièces musicales très importantes grâce à ses compositions et sa voix solennelle accompagnée des instruments à vents de Gaston Guardia.

En 1977, ils publient leur deuxième album, Sueños milenarios de los andes (rêves ancestraux des Andes). Le groupe se fait connaitre de plus en plus et fait petit à petit des tournées non seulement en Bolivie mais aussi en Amérique du sud, aux états unis, en Europe et au Japon, pays où ils sont très célèbres.

En 1980, ils publient Condor Malku, avec lequel ils commencent à inclure des thèmes romantiques qui s’éloignent plus du folklore traditionnel, innovant dans les rythmes et les thèmes.
Avec ce disque ressortent les qualités artistiques des deux frères Hermosa dans les chansons comme Ella es (elle est) ou Pequeño amor (Petit amour), chansons qui parlent d’amour, avec une touche philosophique et poétique dans les paroles.

En 1981, entrent dans le groupe Julio Lavayen et Ramiro de la Zerda et Les Kjarkas éditent l’album Desde el alma de mi pueblo (Depuis l’âme de mon village), dans lequel la plus belle chanson est Por un sueño de amor (Pour un rêve d’amour).

Ainsi, disque après disque, les Kjarkas deviennent de plus en plus célèbres et, dans les années 80 c’est LE groupe principal de Bolivie, dont l’influence dépasse les frontières et les mers.

En 1984, Les Kjarkas sont invités au 15ème festival de musique populaire du Japon où se concurrençaient plus de 1800 chansons pour le premier prix. La composition d’Ulises Hermosa, Florcita Azul  (petite fleur bleue) gagna la 10ème place, et cette victoire fit entrer les Kjarkas dans la gloire qu’ils ont encore aujourd’hui au pays du soleil levant.

A la fin des années 80, en pleine apogée, un évènement inattendu donna encore plus de renommée internationale aux Kjarkas. Un groupe Brésilien, les Kaoma, lança sur le marché une petite chanson entrainante, Chorando se Foi  plus connue sus le nom de la Lambada qui se danse sur un rythme brésilien. Mais en réalité cette chanson est un plagiat de la chanson de Ulises Hermosa « Llorando se fue », éditée en 1984 sur un rythme de saya-caporal. Par chance elle avait été enregistrée en Allemagne et les Kaoma durent donner une indemnisation aux Kjarkas, indemnisation dont la somme n’a jamais été révélée.

Les années passèrent, entrèrent et sortirent du groupe de nouveaux musiciens et compositeurs qui laissèrent derrière eux leurs chansons et compositions comme ; Ritmo negro, Mi samba mi negra , El piclaflor, No temas enamorarte, que les Kjarkas continuent à interpréter.
Dans les années 80, ils firent leurs chansons les plus importantes comme Canto a la mujer de mi pueblo, Wayayay, Imillitay, Oruro, Tiempo al tiempo, Chukiago Marka, Solo, etc.
En 1989, ils éditent le seul album où ils ne chantent pas, intitulé Ch’uwa yaku.

En 1992, le groupe est très touché par la mort d’Ulises Hermosa, qui meurt d’un cancer après une longue agonie à Huston. Avant de mourir il écrit  El árbol de mi destino (L’arbre de mon destin), qui fut éditée après sa mort par le groupe.

L’année d’après le groupe publie le disque Hermanos (Frères), dont le thème principal est la composition Taquirari du frère disparu mais avec des paroles rajoutées par son frère Gonzalo qui décrit le ressenti et l’histoire de la famille Hermosa. Est aussi fondée à Lima au Pérou l’école de musique Kjarkas pour diffuser et transmettre les traditions de la musique andine.

En 1994 ils créent leurs premières fondations en Équateur et en Bolivie dont le but sera de diffuser la musique traditionnelle via l’enseignement de cet art auprès des enfants de talent.

Dans les années 90, entrent dans le groupe Rolando Malpartida, Eduardo Yañes, Alcides Mejia, Miguel Mengoa et José Luis Morales. Avec qui le groupe continua à produire de grands succès comme Señora su hija, Mi pecado, Ave de cristal, A los 500 años, La pícara y El líder de los humildes.

En 1997, la première vidéo: Por siempre..., qui présente le concert du disque du même nom dans l’hôtel Presidente à la Paz.

En 1999 ils font un de leur plus gros concert devant plus de 40 000 fans, concert enregistré pour l’album « El concierto del siglo » (Le concert du siècle).

Le nouveau millénaire apporte d’importants changements pour les Kjarkas qui se rajeunit avec de nouveaux jeunes artistes comme Gonzalo Hermosa Jr., Lin Angulo et le japonais Makoto Shishido, qui apportent des idées nouvelles dans les compositions comme : Lección de vida, Saya sensual, Kamanchaca, etc.

En 2006, les Kjarkas publient leur disque le plus récent, 35 años qui commémore l’anniversaire de la naissance du groupe.
Aujourd’hui les Kjarkas continuent leur succès avec leurs nouveaux thèmes abordés dans cet album comme "Fría" (Taquirari), "Munasq'echay" (K'antu) et ont reçu un disque d’or pour la vente de cette dernière production.

En 2010 ils enregistrent avec le groupe Prisme une chanson intitulée "No te puedo olvidar" (je ne peux t’oublier) qui fusionne la grande richesse des sons et instruments folkloriques comme les charangos et les zampoñas des Kjarkas et les instruments électroniques et l’accordéon caractéristique de Prisma.

Selon eux, ce qui fit le grand succès est tout d’abord l’utilisation des quenas et zampoñas (instruments à vents) pour les préludes et la combinaison de ces instruments avec des instruments à corde joué à contretemps. Ils remplacèrent le tambourin forain par l’ancestral Huanqara (sorte de tambour) et créèrent le ronroco, charango plus grand et plus grave que le classique.

En 2010, il y a six membre dans le groupe : Gonzalo Hermosa Gonzalez, Elmer Hermosa Gonzalez, Gaston Guardia Bilboa, Makoto Shishido, Lin Angulo, Gonzalo Hermosa  Camacho Jr.

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