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Nos artisans

L’association d’artisans et d’artisanes de la terre promise de Tajsara.


La région de Tajsara se situe dans la province d’Avilés du département de Tarija, au sud de la Bolivie. C’est un plateau parsemé de vastes et magnifiques lacs d’altitude. Les flamands roses y ont élu domicile, et leur couleur onirique se reflète dans les eaux paisibles de la pampa. Les dunes de sable fin, dorées par le soleil, et les pistes incas font aussi partie de ce majestueux paysage.

Autrefois, les habitants des communautés travaillaient chacun de son côté, sans forme d’organisation particulière. Mais, suite à des cours de formation en tissage artisanal, l’idée surgit de se regrouper au sein d’Unités productives artisanales, les UPA, afin de perfectionner les métiers à tisser et d’augmenter la production textile. Placido Coque Galian, président de l’UPA de Pujzara, explique : « Nous sommes à présent vingt à travailler, je suis là depuis la fondation de cette association. Grâce à mon père, je tisse au métier traditionnel depuis que je sais marcher. À présent, nos laines sont de meilleure qualité : avant, nous les exploitions telles quelles. Maintenant, nous en séparons les impuretés et, grâce à la formation que nous avons reçue, nous savons quelles parties de la laine sont plus favorables à la teinture. »

C’est en 1992 que l’Association d’artisans et d’artisanes de Tajsara (AAAT) a commencé à commercialiser ses produits à la ville, à Tarija. Les communautés utilisent des instruments qu’elles fabriquent elles-mêmes pour la production et la transformation de la laine, et mettent à profit les ressources naturelles d’après des critères « traditionnels ». Elles possèdent plusieurs ateliers artisanaux de production de laine de mouton.

Les femmes mènent les animaux paître et s’en occupent, de même qu’elles assurent la tonte des brebis, leur sélection, le peignage de la laine, son filage et son lavage. Ce sont les hommes qui réalisent le tissage sur des métiers horizontaux à pédale. À cinq kilomètres de là, Leucadio Copa, président de l’UPA de Yutichanta, raconte : « Les gens rentrent pendant le Carnaval, pour repartir ensuite en mai et revenir au mois de novembre ou pour le Nouvel An. » Cependant, face à ces phénomènes migratoires récurrents chaque année, les femmes ont mis en place des formations au tissage au métier horizontal afin de garantir une production constante en l’absence des hommes. Feliciana Colque Armella a cinquante-cinq ans. C’est l’une des dix-huit personnes de la région de Viscarra qui travaillent dans l’artisanat. « Nous sommes plus nombreuses, il n’y a pas beaucoup d’hommes. Je suis nouvelle ici, je ne savais pas tisser, avant : j’ai appris grâce à un technicien qui nous a formés, et je suis la seule artisane de ma famille. »

Les procédés de transformation artisanale garantissent la grande qualité du travail réalisé. C’est d’ailleurs une des principales préoccupations de l’AAAT, qui s’efforce sans cesse d’améliorer le niveau de qualité du point de vue de la conception, de la coloration, de la finition et de la présentation des produits. L’association d’occupe aussi de leur diversification, pour pouvoir s’ouvrir à des marchés internes comme externes. Seferino Copa, 42 ans, est le formateur de quatre unités de production. « C’est une région d’élevage prospère. Nous avons hérité du métier de nos grands-parents, qui travaillaient dans le tissage. Nous avons perpétué leur savoir-faire. Aujourd’hui, nous produisons aussi de la laine de lama et d’alpaga. »

L’activité textile artisanale de l’AAAT constitue désormais la deuxième source de revenus de la région (50% des revenus des producteurs artisanaux). Elle contribue de jour en jour à l’amélioration de la qualité et du niveau de vie des tisseurs. En outre, les bénéfices réels de l’AAAT et de ses artisans sont en augmentation et ont permis de réduire notablement le taux d’exode de la population communautaire. Evangelisto Espinoza Diaz, âgé de 31 ans, est artisan depuis deux ans et regrette de ne pas voir plus souvent sa famille : « Nous sommes quatre, dans la famille. Je travaillais à Santa Cruz, dans les champs de canne à sucre, mais voilà quatre ans que je n’y vais pas car j’ai cessé d’y travailler. Maintenant, j’habite ici. J’aimerais tant que mes enfants puissent vivre paisiblement dans la communauté. Mais on ne peut pas faire vivre une famille s’il n’y a pas de travail. »

« Nous vivons des brebis et de la fabrication de vêtements de qualité : pourvu que cela permette à nos gens de continuer à vivre au village, manifeste Petrona avec espoir. »

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